"Vingt-quatre lycées ont été incendiés ou saccagés de manière suffisamment importante pour qu'ils ne puissent pas rouvrir avant plusieurs semaines", a indiqué Edouard Geffray.
Une manifestation devant un lycée à Bordeaux, le 1er octobre 2026. ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )
Les dégradations dans les établissements scolaires vont priver environ 30.000 lycéens de de cours en présentiel "pour plusieurs semaines", a affirmé mercredi 7 octobre le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.
"Vingt-quatre lycées ont été incendiés ou saccagés de manière suffisamment importante pour qu'ils ne puissent pas rouvrir avant plusieurs semaines", a-t-il détaillé lors d'une audition en commission à l'Assemblée nationale. "Ça veut dire qu'actuellement, on a 30.000 lycéens qui sont privés de cours en présentiel pour plusieurs semaines", a-t-il poursuivi, affirmant qu'il y avait néanmoins une "continuité pédagogique" .
"Il y a un préjudice évidemment, qui est absolument énorme en termes de scolarité", a-t-il souligné.
Le mouvement lycéen est parti le 17 septembre du lycée Saint-Exupéry à Créteil, où les élèves se plaignaient de personnels non remplacés.
"J'en suis informé dès le 21, et dès le 21, on a les premiers contacts avec l'académie pour trouver des solutions et mettre fin à une situation qui, objectivement, était anormale", a-t-il relaté, promettant que "dans les jours qui viennent" vont être pourvus dans cet établissement le poste de proviseur adjoint, le poste de directeur des travaux, le poste d'infirmier et des postes vacants de professeurs.
Affirmant avoir "vu le problème émerger", il s'est ensuite rendu le 28 septembre dans un autre lycée, "où les personnes et les élèves avaient été victimes de tirs tendus directs de mortiers". "Je ne l'ai pas fait devant les caméras, je n'ai pas posté sur TikTok, c'est pour ça que les gens n'ont pas vu", a-t-il justifié.
"Refonte de la démocratie scolaire"
Une nouvelle fois, il a rappelé avoir demandé "le soir même" que les conseils de vie lycéenne soient réunis. "J'ai lancé des travaux de refonte de la démocratie scolaire , notamment pour faire en sorte qu'il y ait une forme de démocratie plus directe entre le délégué de classe et les représentants au niveau national", a-t-il répété. Il a également vanté la plateforme Agora, ouverte depuis lundi soir et accessible à tous anonymement pour y partager des doléances, outil qui enregistre mercredi 30.000 contributions.
Sur le fond des revendications des lycéens mobilisés, qui se plaignent d'emplois du temps plus décousus et chargés depuis la réforme du baccalauréat instaurée lors du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, le ministre a exclu de revenir dessus. Selon lui, cette réforme a permis "un brassage, une mixité sociale beaucoup plus importante dans les choix de spécialités que celle qui présidait aux trois filières S, ES, L".
Il a néanmoins reconnu que "l'effet corrélatif" a été "de complexifier considérablement les emplois du temps", et redit que l'une des solutions sera l'utilisation de l'intelligence artificielle.
Quant aux professeurs non remplacés, dont se plaignent les élèves, il a lancé un "recensement", d'ici mercredi soir, de tous les titulaires en zone de remplacement (TZR) sans poste, pour qu'"ils puissent être réaffectés d'ici la fin de la semaine".
"J'aurai ce soir la cartographie de tous les établissements qui sont exposés à une situation anormale ou préjudiciable pour les élèves, une absence durable, non remplacée, notamment pour les élèves des classes à examen, première et terminale", a-t-il redit.
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